A propos de médiation.... et selon moi.
La médiation : une évidence… pourtant encore trop peu utilisée
Tout le monde est d’accord sur le principe.
Dans l’entreprise, dès que l’on évoque la médiation, les dirigeants acquiescent :
se parler, apaiser les tensions, chercher une solution commune, préserver les relations… Qui pourrait être contre ?
Et pourtant, lorsque le conflit éclate réellement, le réflexe est tout autre : on saisit un avocat, on prépare ses arguments, on brandit le droit comme un bouclier.
Pourquoi ce décalage ?
Le réflexe judiciaire : rassurant, mais destructeur
Nos organisations reposent sur des équilibres fragiles. La loi rassure. Le juge tranche. La décision est claire, officielle, incontestable. Mais un procès, c’est une confrontation.
Une escalade. Une logique de victoire et de défaite. C’est long, coûteux, aléatoire et surtout, cela laisse des traces.
Même lorsque l’on “gagne”, la relation est souvent perdue.
La médiation : une autre logique
La médiation repose sur un principe radicalement différent :
il ne s’agit pas de gagner contre l’autre, mais de résoudre avec l’autre.
Le médiateur ne tranche pas, il ne juge pas, ne propose pas de solution.
Il crée un cadre sécurisé, neutre et confidentiel, dans lequel les parties peuvent reprendre le dialogue et construire elles-mêmes un accord sur mesure.
Et c’est précisément cette co-construction qui rend les accords solides et durables.
Contrairement à une décision de justice, standardisée par nature, l’accord de médiation s’adapte à la réalité humaine du conflit.
En entreprise comme dans la sphère familiale
Dans les entreprises, la médiation permet d’intervenir rapidement avant que le conflit ne contamine les équipes, ne ralentisse les projets ou ne dégrade le climat social.
Dans les familles, elle offre une alternative plus accessible et moins destructrice qu’une procédure judiciaire, particulièrement lorsque les relations doivent perdurer (coparentalité, succession, entreprise familiale…).
Dans les deux cas, elle protège l’essentiel : la relation.
Médiation, conciliation, arbitrage
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L’arbitrage est une justice privée : un arbitre décide.
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La conciliation implique un tiers qui propose une solution.
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La médiation, elle, laisse aux parties la responsabilité et la liberté de construire leur propre accord.
Ce n’est ni un compromis par faiblesse, ni une concession forcée.
C’est une négociation raisonnée, équilibrée, volontaire.
Une évolution culturelle en marche
En France, nous avons une culture du juge, de l' autorité tranche.
Mais les mentalités évoluent. Le législateur encourage désormais la médiation. Les résultats parlent d’eux-mêmes : les accords issus d’une médiation sont plus respectés, plus stables, plus satisfaisants.
Aller vers la médiation n’est pas un signe de fragilité.
C’est un choix stratégique.
Choisir la médiation, c’est préférer la responsabilité à l’affrontement.
C’est décider de préserver l’avenir plutôt que de régler le passé.
Et si la véritable force n’était pas de gagner un procès…
mais d’éviter qu’il ait lieu ?
